Ici l’Afrique vous me recevez ?

Où en est internet en Afrique ?

1994 l’Afrique part de loin, seulement 2 pays reliés à internet à savoir l’Afrique du Sud et l’Egypte. Aujourd’hui on a fait du chemin et la quasi totalité des pays africains possèdent leur réseau ; une véritable économie numérique est née et se développe, voyons cela en détail !

Nouveaux câbles, nouvelle donne :

Devant le manque d’infrastructures, la connexion par satellite a longtemps été la moins mauvaise des solutions (et le reste encore dans certains pays). Le débit est correct mais les temps de réponses sont longs et les prix souvent exorbitants.

Mais la donne est en train de changer. La première étape à été le cablâge offshore, véritable bataille des navires cabliers, elle a permis de faire arriver sur les côtes d’Afrique un débit beaucoup plus important. Au passage si la construction et le déploiement de ces câbles vous intéressent, je vous invite à consulter cet article.

Mais ce n’est pas suffisant ! En effet la seconde étape, encore largement incomplète, consiste à déployer ce réseau dans les terres, pour ne pas rester dans une logique de comptoir, où seules les grandes villes côtières ont accès à ce nouveau réseau. La RDC par exemple, avec quelques difficultés cependant, est sur cette voie.

En espérant qu’il ne se passera pas trop de temps avant la création d’un grand réseau intercontinental. Ce déploiement correspondrait à la pose de 100 000 km de fibre optique évalué à 2 milliards de dollars selon la banque Africaine de développement dans le cadre du programme de développement des infrastructures en Afrique (Pida).

Parallèlement les data center fleurissent :

Et oui, maintenant que le réseau est là il faut bien stocker les informations des sites, des entreprises africaines au plus proche. D’autant plus que ça améliore la vitesse du réseau et que ça devient de plus en plus indispensable dans la dynamique mondiale du cloud computing. Le Togo notamment, a pris ce marché à bras le corps. A défaut de pétrole, il veut capitaliser sur sa position stratégique pour devenir le centre névralgique du stockage de données et la plaque tournante technologique de la sous région. Et ce n’est pas une initiative isolée, ainsi IBM est partenaire d’un important dispositif en Tunisie,  et un rapport a été réalisé par le Balancing act  révélant qu’il existe 115 data centers implantés dans 24 pays africains.

3G !

Mais le grand gagnant de la connectivité en Afrique c’est bien le réseau 3G mobile ! L’attribution des licences a été un grand pas pour le continent, avec des stratégies différentes d’ailleurs selon les pays. Contrairement au semi échec de la téléphonie fixe (avec des taux de pénétration allant de de 3 à 30%),la téléphonie mobile s’est elle largement imposée auprès des consommateurs africains et le développement actuel des smartphones promet le même succès.

Le débat est ouvert 

En effet en faisant des recherche pour cet article j’ai trouvé beaucoup de débats sur les forums que l’on pourrait résumer ainsi : pour les uns les nouvelles technologies sont une véritable opportunité pour l’Afrique, et leur développement est une priorité ; pour les autres c’est mettre la charrue avant les boeufs et il ne faut pas s’en occuper tant que les problèmes de fond ne sont pas soldés, comme ceux lié à l’éducation ou la sécurité alimentaire par exemple.

Pour ma part je pense que les deux points de vue sont tout à fait compatibles : la technologie peut être un véritable tremplin pour l’Afrique sans négliger les actions de fond à mener. D’ailleurs elles se rejoignent bien souvent, pour preuve de nombreuses applications made in Afrique qui ont un but de développement ou une visée sociale.

Et vous qu’en pensez-vous ? Quel est l’état d’internet dans votre pays et pensez-vous que c’est une solution d’avenir ?

Je termine par une vidéo de Corinne Lozé, CEO de StarAfrica.com, le portail Afrique de Orange, dont le discours pour TEDx Bordeaux illustre bien cet article.

About the author

Julien PartirDeRien

View all posts

Facebook comments:

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *