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Capter un marché touristique en Afrique de l’Ouest

Bonjour aujourd’hui un bel exemple sur la faculté d’entreprendre en Afrique avec les groupement de femmes productrices en légumes et en fruits de Casamance. J’ai eu l’occasion de travailler dans cette zone et je voudrais dire un mot sur leurs qualités entrepreneuriales qui m’ont marqué.

Un point pour situer le contexte tout d’abord :

La Casamance se situe au Sud du Sénégal à la frontière avec la Guinée Bissao. C’est un large territoire notamment connu pour sa production de riz, un délice ! C’est également une zone à fort potentiel touristique, en particulier vers le village de Cap Skirring, surtout connu pour l’implantation d’un des plus fameux clubs touristiques. Ce flux de vacanciers a également donné des idées à d’autres et on a vu fleurir quelques structures le long de ces plages de sable fin. Cette expansion reste tout de même limitée, on est loin d’une côte bétonnée et la fréquentation touristique est même un peu en perte de vitesse ces dernières années.

Comme je le disais plus haut l’autre point fort de la région c’est son potentiel agricole. Son climat moins sec que celui du Nord du Sénégal en fait une région où tout pousse facilement ! On dit même traditionnellement que lorsque l’on plante une branche dans les sol, elle prend racine. Néanmoins je dis bien potentiel car si il existe quelques exceptions, la majeure partie de la production agricole de la région est très atomisée et très désorganisée.

Face à cette situation c’est le dilemme pour les structures touristiques : de nombreux petits intermédiaires passent à leur porte chaque jour pour leur proposer les produits frais de la région, mais les quantités sont toujours très petites et les productions inconstantes. Beaucoup ont donc préféré se fournir via les grossistes de Dakar à 500 km de là, quitte à avoir des produits moins frais, une chaîne d’approvisionnement plus longue et plus risquée, mais au moins un approvisionnement constant et groupé.

Face à cette problématique : un bel effort entrepreneurial des femmes productrices de la région

C’était sans compter sur les groupements de femmes productrices locaux, qui appuyés par des ONG ont organisé leur production et leurs récoltes pour pouvoir fournir au moins en partie ces structures touristique. Elles ont su adopter des marchés de niche très appréciés des touristes comme la tomate cerise ou bien miser sur des produits supportant mal le transports comme les herbes aromatiques pour pouvoir être concurrentiel avec les grossistes de Dakar. Le fonctionnement en jardin communautaire où chacun a sa parcelle permet une bonne souplesse dans la production, une mutualisation des coûts en matériel ainsi qu’une bonne répartition des revenus. Ces jardins ont un succès notable dans la région et c’est un modèle reproductible. L’intérêt d’une telle démarche également est que l’on peut commencer petit sans grands risques financier et grandir petit à petit en prouvant la fiabilité de sa production aux modèles touristiques.

un exemple de jardin communautaire en Casamance

Les défis à relever :

Pour continuer sur cette voie d’entrepreneuriat en Afrique et rendre leur projet durable, ces femmes productrices ont encore des défis à relever. Pour l’instant assuré par les ONG appuyant ces jardins, le transport des fruits et légumes des jardins dans toute la région doit devenir une entreprise autonome, je vois bien un ensemble de triporteur (moto à trois roues avec une remorque) approvisionnant chaque jour tous les hôtels de la région en flux tendu. Une fois ce marché stable il faudra également diversifier ses clients et chercher au delà des structures touristiques. A noter également la nécessité de formation continue, autant sur les pratiques agricoles que sur les techniques d’entrepreneuriat.

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Julien PartirDeRien

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